Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Amaps sans jamais oser le demander !

Transcription de l’émission “VOIX CONTRE OREILLE # 07 NOVEMBRE 2018”

Vous pouvez réécouter cette émission sur Radio Aligre FM 93.1

Pourquoi transcrire cette émission ?

J’ai souhaité effectuer ce travail, car après avoir écouté l’émission, il m’a semblé que les intervenants répondaient à de nombreuses questions que sont à même de se poser :

  • Des consommateurs occasionnels de produits bio.
  • Des gens qui hésitent à s’inscrire dans une Amap.
  • Des adeptes des marchés.
  • Des utilisateurs d’autres système de paniers.
  • Des amapiens engagés : membres du collectif de leur Amap qui cherchent à communiquer autour du mouvement.

Ce dialogue s’intéresse à l’économie des Amaps, leur politique, leur fonctionnement et leur sociologie.
Voici un portrait complet, on peut tout lire ou piocher ce qui nous intéresse !

L’émission

Titre original de l’émission : “Les Amaps : laboratoires de nouvelles formes d’organisation ou simples groupes de bobos en mal de sensations fortes ?

Entretien entre les journalistes Michel Ezran et Clément Brébion de “Voix Contre Oreille”, Raphaël Berruyer du Réseau des Amap en Île-de-France, Elodie, Laure et Alexis de l’Amap des Trognons de la Nation.

Michel – Où en sont les Amaps ?
Ont-elles permis de développer l’agriculture bio en France ?
Les circuits- courts, ce mode de production est-il amené à se généraliser ou au contraire va-t-il rester marginal : l’apanage de quelques consommacteurs éclairés et destiné à rester minoritaire ?
C’est notre thématique d’aujourd’hui, pour en parler nous sommes avec Raphaël Berruyer, vous êtes coordinateur des Amaps d’Ile-de-France, on peut dire ça?

Raphaël – C’est ça oui, bénévole, au réseau qui anime tous les groupes Amaps qui sont en Île-de-France.

M – Nous sommes également avec Elodie, Alexis et Laure amapien.nes à l’Amap des Trognons de la Nation, qui est une des Amaps de Paris 12ème, donc tout prêt d’ici.

Vous pourrez nous apporter vos témoignages, comment ça marche une Amap et quelles sont vos motivations personnelles ?

[…]

On peut peut-être commencer par rappeler déjà ce que c’est qu’une Amap, s’il y a encore des auditeurs qui ne le savent pas.

Qu’est-ce qu’une Amap ?

Une Amap, c’est une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, c’est un partenariat, entre en général entre un maraîcher qui produit des fruits et légumes et des consommacteurs, des personnes qui se regroupent pour acheter ces fruits et légumes avec un engagement en général sur un an.

R – C’est ça effectivement, la dimension importante je pense c’est l’aspect local du partenariat, c’est à dire que le producteur est implanté sur le même territoire que le groupe de citoyens qui sont des consommateurs et effectivement, il y a cette dimension de partenariat solidaire, c’est à dire qu’il y a un préfinancement de la production, de la récolte du producteur, et il y a des engagements réciproques, le producteur s’engage à produire d’une certaine façon, agriculture bio ou paysanne, à être transparent sur ses modes de production, à s’assurer un certain nombre de livraisons par année, et puis de l’autre côté, les consommacteurs comme vous les appelez  qui s’engagent eux à faire vivre le partenariat, donc l’association, faire des distributions un certain nombre de fois pendant dans l’année, et puis également se rendre sur le lieu de production, en générale la ferme pour aider le maraîcher ou autre producteur dans sa vie professionnelle de tous les jours.

M – Donc l’Amap ça cumule quand même pas mal d’avantage, parce qu’on consomme local, on consomme a priori bio, on peut dire que toutes les Amaps sont bio ?

R – Presque, grosso modo, au niveau Île-de-France, on a 93% des partenariats qui sont sur une production bio, même si ce n’est pas obligatoire.

M – C’est assez satisfaisant pour l’environnement, pour sa santé personnelle, pour la “justice sociale” puisqu’il y a un lien avec le producteur, et je dirais qu’il y a une juste rémunération qui lui est donnée, tout en restant à des prix raisonnables, parce qu’il n’y a pas d’intermédiaire donc l’Amap finalement, ça cumule pas mal d’avantage pour les participants aussi bien que pour le producteur ?

R – Effectivement l’intérêt du partenariat direct sans intermédiaire commercial – il y a le producteur d’un côté, le groupe de citoyens de l’autre – avec une association au milieu : c’est “juste rémunération” pour le producteur, et pour les amapiens c’est d’avoir accès à la qualité, à un prix qui représente la vraie valeur du produit, soit dit en passant on parle de maraîchage, mais ça peut être d’autres types de produits issus d’agriculture biologique ou raisonnée.

C – Vous parliez de la proximité qui peut exister entre le consommacteur et le producteur, ça c’est quelque chose qui est inscrit dans une sorte de charte des Amaps ou ça dépend vraiment de l’Amap dans laquelle on s’inscrit ?

R -Oui, absolument, effectivement, il y a une charte qui définit certains principes en terme de relation entre producteur et consommateur, en terme de mode production, en terme de conviction aussi environnementales, sociales, ce n’est qu’une charte – de la même façon qu’on est un réseau et pas une fédération un syndicat professionnel – donc ensuite l’Amap des Trognons va définir ses modes de fonctionnement, fixer ses prix, quelle fréquence de production, c’est un peu à chaque association d’être responsable et d’injecter ses valeurs et ses convictions dans son partenariat.

C – Ce qui veut dire que les membres de l’Amap sont partis prenantes finalement de la décision de la qualité par exemple des produits, finalement si les produits sont bio ou pas, si le maraîcher producteur habite à 5 km ou à 100 km… des choses comme ça.
Les membres ont vraiment leur mot à dire ?

R – Tout à fait, oui et par rapport à ce que disait Michel tout à l’heure, la notion de consommacteurs (ou consom’acteur) elle est importante ici, chaque membre de l’Amap des trognons par exemple a son mot à dire, elle est constituée d’un bureau au niveau de l’association, l’idée c’est qu’on reste dans le local, moi par ma consommation alimentaire j’agis et je mets mes convictions dans “Où je dépense mon argent ?”

M – Si on prend l’exemple de l’Amap des trognons puisqu’elle est représentée en force, comment ça se passe alors ? L’Amap des trognons, où les légumes sont -ils produits ? Comment ça fonctionne ? Qui veut répondre ?

Comment fonctionne une Amap ?

A – Nous l’agriculteur avec qui on a le contrat Amap en Seine-et-Marne, il a quelques terres également dans l’Aube, donc département frontière de la Seine et Marne.

M – Combien il y a de personnes, de membres ?

A – On est 70 adhérents dans notre Amap, ce qui correspond à un équivalent panier – on est sur une jauge de 40 paniers qui sont distribués tous les mercredis dans notre local, dans Paris 12ème Impasse Crozatier.

M – A 500m d’ici ! Il faut donc venir tous les mercredis à heure fixe, prendre son panier, il y a quand même une certaine contrainte, ça nécessite un peu d’organisation ?

A – Oui, c’est vrai que c’est souvent présenté comme une contrainte, on l’évoque auprès de nos adhérents, même si on se rend compte que prendre 20 minutes de son mercredi soir pour venir chercher des légumes frais et qu’on est content de cuisiner après, c’est une contrainte qui n’est pas si démente, oui c’est tous les mercredis, après, on demande à chaque amapien de faire 4 distributions dans l’année. Une distribution, ça consiste à être là pendant l’heure et demi où les légumes sont distribués. A faire la pré-pesée, à cocher sur une liste de cochage qui est bien venu, est-ce que son co-panier est venu si on a un co-panier ?

M – Est-ce qu’on peut partager son panier, si on est célibataire ?

A – Tout à fait, ou même plusieurs couples peuvent partager des paniers.

C – Avec un engagement sur l’année, on doit prendre tous les paniers de l’année, ou on peut être là un mois sur deux : ça c’est pas possible ?

A – Le contrat est annuel, après chaque Amap va avoir des modes d’organisation un peu différents, nous on propose le panier entier, des 1/2 paniers que l’on peut prendre toutes les semaines, ou un panier toutes les 2 semaines, et on propose également, mais ça c’est un peu un casse-tête logistique, des 1/4 de paniers pour justement le profil : une personne célibataire, 1/2 panier ça peut faire un volume un peu conséquent…
Effectivement, c’est toutes les semaines, on demande vraiment à ce que tout le monde s’engage à venir chercher ses paniers.

M – Ça implique une certaine organisation parce qu’il faut les cuisiner quand même… ça oblige à cuisiner les légumes régulièrement ?

A : Découvrir comment on cuisine certains légumes aussi­ !

C – Question que je me pose : les membres de cette Amap et les membres des Amaps en général ce sont des adhérents qui vont payer une cotisation, comme dans toute association, est-ce qu’on se pointe un jour et on dit : “Bonjour je voudrais un panier et hop on a un panier”, comment ça se passe ?
Est-ce qu’il y a une forme de préparation, d’explication du fonctionnement que le bureau de l’Amap est en charge de prendre en main ou alors c’est juste un peu au jour le jour que ça se passe ?

L – On organise des périodes d’inscription, l’année dernière c’était pendant 4 semaines, on pouvait venir s’inscrire directement au local, et on essayait d’expliquer à cette occasion comment fonctionnait l’Amap, en essayant d’être assez clair sur les différents points qu’a abordé Alexis juste avant, à cette occasion on peut s’inscrire et une fois qu’on s’est inscrit c’est pour l’année – on ne peut pas venir juste chercher un panier car il n’y a pas d’échange d’argent directement à l’Amap, c’est au moment des contrats, on récupère les chèques pour le producteur, on lui donne après tous les mois ou tous les 2 mois.

C – Donc ça veut dire que si moi demain je décide de m’inscrire dans une Amap, là aujourd’hui, c’est peut-être un peu trop tard donc il faudra que j’attende l’été prochain – l’été prochain je m’inscris, je m’engage à être présent toutes les semaines pendant un an, tous les mercredis de 19 à 20h00 pour aller chercher mon panier, et en plus de ça pendant 3 ou 4 semaines je m’engage à participer à la distribution ?

Elodie – Il y a une notion d’engagement réciproque avec le producteur, ce qui fait qu’on s’inscrit sur l’année pour qu’il ait aussi une visibilité sur ses finances, ce qui implique donc de venir toutes les semaines, ou de se faire remplacer, si on peut pas venir, ce qui est pour moi à mon avis la contrainte principale, et qui impose une certaine sédentarité, mais au bout du compte venir tous les mercredis chercher son panier c’est quand même plus simple que d’aller faire ses courses au supermarché, en général on s’en sort .

M – C’est quand même plus simple tu dis ?

E – Plus sympa !

M – Il y a une certaine convivialité, ce n’est pas juste on va chercher son panier … ?

E : J’ai rencontré des gens lucides et généreux, j’aime beaucoup l’aspect, il y a une petite communauté de gens avec lesquels on est un peu en résonance et c’est très sympa aussi, on découvre beaucoup de chose par l’Amap !

M – Laure, Alexis, vous partagez ce que dit Elodie ?

A : Oui, tout à fait, je voulais compléter, on parlait de cotisation, effectivement on adhère aussi à l’association qui est notre Amap “Aux trognons de la nation”, une cotisation annuelle de 20€, je pense que ça doit être à peu près l’ordre de grandeur, ça couvre des frais généraux, la location du local, on est assez peu motorisé dans l’Amap”, puisqu’ on demande à chaque amapien de faire au moins une visite et puis de participer aux travaux un peu agricole de notre agriculteur, on loue une voiture pour y aller, et on essaie de prendre en charge tout ou partie du coût de la location de cette voiture, cela nous fait une petite manne financière pour gérer les tâches courantes de l’association.

Les sorties à la ferme.

C – Cette participation aux tâches agricoles, qu’est-ce que ça implique ? Est-ce qu’on participe directement à la récolte ? Est-ce qu’on va juste voire comment ça se passe ?
Qu’est-ce que fait un maraîcher – un agriculteur au jour le jour sur une exploitation a priori plutôt de petite taille, c’est quoi ?
C’est de l’information ? c’est de la participation ?

R – Chaque maraîcher doit avoir ses pratiques, l’idée de base c’est de dire : on va permettre aux amapiens de découvrir l’endroit où sont produits leurs légumes ou autre produits alimentaires, il y a de la pédagogie du producteur maraîcher.maraîchère ou autre qui va faire visiter la ferme, montrer son lieu de travail, expliquer ses modes de production, dans un premier temps. Ensuite partager son quotidien, et là ça passe par : selon les besoins de la saison – au début du printemps on va être sur semer des légumes – au début de l’hiver on va être sur des travaux d’entretien de la ferme. Donc ça peut être directement lié à du travail de la terre ou de récolte, ça peut être aussi… je me souviens que ma première sortie à la ferme j’avais réparé des escaliers entre 2 parcelles du champ de la maraîchère donc instinctivement c’est pas ce à quoi on pense, mais c’était sa priorité de pouvoir passer d’une parcelle à l’autre, et donc c’est vraiment d’être immergé dans le quotidien de son producteur ou sa productrice.

C – C’est pas de l’exploitation des amapiens par le producteur ?

R – En général, c’est une fois par mois que les amapiens viennent en théorie, il y a une sortie organisée par mois, je me suis mal exprimé.

M – Ça ne veut pas dire que chaque amapien y va une fois par mois ?

R – Non, soyons très clair, mais la question est importante !
Elle se pose pour un certain nombre d’association : le bénévolat, parce que c’est du bénévolat : à quel moment, quelle est la frontière entre le bénévolat et du travail dissimulé ou de l’exploitation? …comme vous le dites, je pense que là, c’est de l’éducation, dans le cadre du partenariat, un des engagements c’est de participer à la vie de la ferme “x fois” par an.

M – Donc Laure, ou Alexis, ou Elodie, vous y allez à la ferme, qu’est-ce que vous y faites ?

E – Dans notre Amap c’est plutôt une fois par an je dois dire, la sortie par amapien.

M – Chaque amapien y va une fois par an, mais au global ça fait plusieurs sorties ?

E – Oui, on a pas une sortie par mois, mais on a quelques sorties à l’automne, quelques sorties au printemps, la pierre d’achoppement chez nous, c’est la voiture, c’est à une heure en voiture, et tout le monde n’a pas de voiture, mais effectivement il y a 2 aspects clairement, il y a l’aspect découverte, et puis l’aspect aide au producteur.

M – Qu’est-ce qu’on fait concrètement à la ferme ? A part réparer des escaliers ?

E – On désherbe, on cueille, on met des graines dans des pots, moi je n’ai pas réparé d’escalier.

L : C’est aussi l’occasion de rencontrer éventuellement les personnes d’autres Amaps qui ont le même producteur… on travaille tous ensemble… il y a aussi un moment repas où tout le monde ramène des trucs… c’est un moment de convivialité aussi… en plus d’être un moment d’aide au producteur.

INTERMEDE

Où en sont les Amaps ?

M Qui sont les amapiens? Comment fonctionne ce système ? Où ça nous mène ?
On peut dire également Raphaël si je retrouve mes chiffres, les Amaps ça existe en Île-de-France depuis 2003 à peu près – ça s’est vraiment développé puisqu’aujourd’hui il y a à peu près 300 Amaps qui regroupent 15 000 familles en Île-de-France, c’est à la fois beaucoup, ça a bien pris ce système et en même temps c’est encore une goutte d’eau par rapport au système principal.

R- Oui effectivement, 300 groupes Amaps au niveau Île-de-France et 2000 au niveau de la France, il faut savoir qu’on a un réseau régional, un réseau national et un réseau mondial qui s’appelle Urgenci et en fait on s’est rendu compte en échangeant avec ce réseau mondial que la France est un des pays les plus développés en terme de partenariat Amap, évidemment, ça reste une goutte d’eau en terme de consommation même de produit bio qu’il peut y avoir au niveau de la France, mais on est quand même pas mal en avance, sachant que comme vous le dites, les premiers partenariats Amap Ile-de-France datent de 2003, au niveau de la France : 2001, donc je pense que c’est assez positif sachant que les partenariats Amaps sont nés plutôt dans les années 70 au Japon et aux Etats-Unis, ça c’était un point sur la partie groupe, un point sur la partie producteur au niveau de l’île-de-France, on a à peu près 200 fermes qui sont impliquées dans des partenariats Amaps dont à peu près 110 qui sont vraiment localisés au niveau Région Île-de-France, après ça va être la bordure de l’île-de-France.

C – Ces 200 exploitations est-ce qu’elles vivent exclusivement de la vente aux Amaps ou est-ce qu’elles sont également insérées dans les réseaux habituels de distribution qui passent par les grandes centrales ?

R – On va retrouver les 2 situations : on va avoir des fermes qui sont exclusivement sur des partenariats Amaps donc qui vont avoir 3, 4, 5 groupes Amaps qui va leur permettre d’écouler toutes leurs productions, on va avoir des producteurs qui vont faire de la vente directe, ou aller sur des marchés ou qui vont passer par des grossistes, chaque producteur trouve son modèle économique, en sachant que ce n’est pas la même chose de vendre directement en Amap avec le pré-financement qu’il y a derrière et la fixation du prix versus passer par une centrale d’achat de la grande distribution où là effectivement le producteur va avoir un petit peu moins de pouvoir de décision.

C – Il y a une demande de la part des exploitants de vendre auprès des Amaps ou au contraire vous êtes plutôt en difficulté pour rencontrer des sources ?

R – C’est une bonne question, il y a plus  de groupe Amap  en Île-de-France que de producteurs, c’est pas forcément une question de demande, c’est une question de fonciers donc de terrains disponibles pour les agriculteurs, au niveau de la région Île-de-France, il y a une demande, et c’est surtout important un moyen pour quelqu’un qui n’est pas forcément issu du milieu agricole ou d’une famille agricole de se lancer et de passer par le partenariat Amap qui va être en fait plus sécurisant sur un début de projet puisqu’il y a ce préfinancement, et également l’aspect réseau au niveau de la Région Essonne par exemple, on va avoir une communauté locale de producteurs qui vont s’entraider voir aussi avec des systèmes de couveuses, donc un producteur qui va prendre un porteur de projet pour l’aider à développer son projet et se lancer ensuite.

A quoi sert le préfinancement ?

C – Ce principe du préfinancement, est-ce qu’on peut élaborer un peu ? Est- ce que c’est une sorte d’aide pour se convertir aux conditions Amaps ou pas ?

R – Le préfinancement en fait c’est de dire, l’Amap des Trognons en parlait tout à l’heure, c’est  au début de l’année, chaque adhérent va donner ses chèques qui correspondent à sa part de récolte de l’année et donc en fait finalement le producteur, il va pouvoir se dire dès le début de l’année ok je vais avoir tant de rentrée d’argent fixe, sûr, et derrière je mets en œuvre ma production, je peux avoir des aléas climatiques, mais cela fait partie de la solidarité du partenariat, on accepte que un moment donnée de l’année, il y ait un peu moins de production, en contrepartie on en aura peut-être un peu plus à un autre moment de l’année, mais en tous cas la récolte est préfinancée et cela donne une certaine sécurité financière au producteur.

M – Est-ce que le système finalement permet de développer l’agriculture biologique, il permet en France que des agriculteurs se convertissent au bio, qu’ils passent dans le système des Amaps? Est-ce qu’on a l’impression que ça créée une dynamique ?

R – Je pense que déjà le chiffre qu’on a évoqué au niveau des 200 partenariats au niveau de la région Ile-de-France, ça prouve qu’effectivement le système fonctionne, effectivement ça encourage soit l’agriculture biologique soit l’agriculture paysanne, donc derrière on retrouve les mêmes notions environnementales, sociales, aussi d’avoir une exploitation à taille humaine, et aussi d’avoir une dimension locale, le producteur est implanté au niveau d’un territoire donc il agit au niveau d ‘un territoire, donc ça encourage ce type d’agriculture et d’installation.

E : Dans notre Amap, notre paysan était en conventionnel à l’origine, ça tenait plus financièrement à cause de : “concurrence, ouverture, marché, etc” … Donc il est passé en bio grâce à l’Amap parce qu’on a accepté de lui payer directement sa production au prix Amap, qui n’était pas un prix qu’il aurait eu au départ car il était pas encore bio, donc la reconversion ça prend un moment, ça demande quelques investissements etc, donc c’est grâce à ça qu’il est passé en bio.
C – La différence de prix elle est liée au bio ou elle issue du fait que ce sont des Amaps qui s’adressent à lui ? Est-ce que s’il vendait sur des marchés bio dans Paris, il obtiendrait les mêmes prix, ou effectivement parce qu’il vend à des Amaps il obtient un prix plus élevé ?

R – Ce qu’il est important c’est de se dire que c’est un partenariat direct, et que les conditions du partenariat sont fixées par les 2 parties prenantes, et le producteur a autant de poids que le groupe de citoyens en face sur les conditions sur partenariat, par exemple sur « c’est quoi le prix du panier ? » , de la part de récolte, là-dessus, ça permet au producteur pour lequel il juge que ça c’est la valeur de ma production, et je peux en vivre, ou en tous cas ça me permettrait d’en vivre, versus un circuit de distribution où il ne serait pas en direct avec le producteur et il aurait moins de liberté sur la fixation de ses prix et aussi avec des intermédiaires commerciaux qui prennent forcément leur part du gâteau.

C – En quoi c’est différent d’une vente sur un marché par exemple, le producteur vend en direct aussi au consommateur, et une alternative aux Amaps ça pourrait être aussi le développement des marchés dans les villes et ailleurs ou pas ?

R – C’est 2 modes de distribution complémentaire, sur un marché il y a la notion de j’ai mon stand de vente de légumes, il y en a 15 autour de moi, selon la taille du marché, je parle d’un marché parisien, donc effectivement, je vais être beaucoup moins libre de fixer le prix de mes légumes parce qu’il il y a cette notion de marché au sens économique et 2èmement c’est le producteur qui prend en compte ses contraintes pour fixer ses prix et qui n’en discute pas avec ses consommateurs, vous allez sur un marché, peut-être que sur la fin du marché vous allez pouvoir négocier votre poisson parce qu’il est un peu moins frais, mais en tous cas il y a un prix qui est affiché et à priori vous payez ce prix

C – Cette séparation des centrales et de la difficulté de négociations qui peut exister entre les petits agriculteurs et les grandes centrales, est-ce qu’on ne la retrouve pas de la même manière au sein des Amaps ? Je m’explique, vous l’évoquiez auparavant, un exploitant qui vent exclusivement à des Amaps, il va vendre à 3, 4 5 Amaps, et donc en face de lui il va avoir 3, 4 5 groupes de personnes qui vont potentiellement chercher à tirer les prix vers le bas ?

– Ça rigole autour du micro

Sur le principe, on pourrait penser que la difficulté de négociation de l’exploitant face aux centrales, elle pourrait se retrouver de la même manière face aux Amaps, qu’est-ce qui assure que les Amaps vont être bienveillantes envers le producteur, vont effectivement décider d’un prix juste, qu’est-ce qu’un prix juste, finalement ce n’est pas fixé nulle part, comment est-ce qu’on peut être sûr de ça, que c’est mieux pour le producteur de négocier avec les Amaps plutôt qu’avec une Centrale ?

R – Il y a plusieurs éléments, il y a le principe fondateur du partenariat Amap avec cette charte qui dit que “le producteur puisse vivre de ce partenariat”, on est sur une notion, même si elle n’est pas quantifiée, cela veut dire que derrière le prix de ses paniers, si on est sur un panier à 4,00€ : clairement ça ne lui permet pas de vivre de son activité. 2ème point pour moi c’est que l’agriculteur va avoir 2, 3, 4, 5 groupes et pour chaque groupe il va avoir un partenariat différent, il a plus de poids car il gère chacun de ses partenariats en fonction de la distance, en fonction du nombre d’amapiens qu’il y a derrière versus un système où il serait face à une centrale d’achat ou un grossiste, là le grossiste à 150 maraîchers dans son portefeuille, évidement le rapport de force n’est pas équitable en tous cas.

Quelle différence avec les autres systèmes de panier ?

M – Clément l’évoquait, il y a d’autres systèmes de circuits courts que les Amaps, il y a des systèmes de paniers divers et variés, par exemple, Laure, qu’est-ce qui vous a décidé finalement à participer à une Amap plutôt qu’à un autre système de panier, question piège ?

L – Pour moi le premier truc ça a été le côté éthique, la juste rémunération d’un producteur, et puis c’était aussi une façon pour moi de m’impliquer, de faire un choix vers l’agriculture qui me paraissait être la meilleure, parce qu’on pense souvent aux fonctions productives de l’agriculture mais je pense qu’il y a d’autres fonctions qui sont à prendre en compte quand on pense ça, c’est l’impact que cela a sur l’environnement déjà, c’est aussi ce qui modèle par exemple les paysages, et du coup si on veut choisir une agriculture qui modèle le monde rurale d’une façon qui nous convienne, il faut aussi avoir un engagement qui va dans le sens de nos convictions.

M – Donc l’agriculture paysanne, à petite échelle ?

L – […] Oui, et évidement le côté écolo, impact sur l’environnement…

M – Alexis, d’autres motivations pour l’Amap par rapport à d’autres systèmes ?

A – Relativement à d’autres systèmes, j’avais pu essayer par ailleurs un système de distribution de panier à la commande quand j’étais en école, j’avais essayé de faire quelques commandes sur la Ruche-qui-dit-Oui et on retombe dans une manière de consommer un peu classique, on se retrouve acheter les mêmes choses qu’au supermarché – on parlait de préfinancement de la récolte, ce n’est pas du tout le cas de ces autres systèmes qui sont sur des commandes ponctuelles.

M – Il y a le lien avec le producteur aussi ?

A – Oui… Et puis je me connais qu’en m’imposant au début ce que je considérais comme une contrainte toutes les semaines, allait me pousser à rester engagé dans la démarche ce qui était beaucoup moins le cas d’autres systèmes de distribution, j’ai anticipé ma faiblesse d’esprit. Une raison environnementale pour aller vers ce genre de production, un peu santé personnelle également, et le dernier critère c’est le critère vie de quartier que j’avais finalement assez peu anticipé et que j’ai plus découvert à ma surprise finalement, au quotidien, de recroiser un amapien dans la rue, ce qui n’est pas forcément évident dans les rues de Paris d’ailleurs ; mais ça c’est pas une motivation mais plutôt une conséquence bénéfique que je n’avais pas forcément anticipé.

M – C’est assez local l’Amap forcément, les gens habitent à proximité du lieu de distribution, le producteur habite un peu plus loin, normalement pas très loin. Elodie, d’autres motivations ?

E – Je suis arrivée à l’Amap par constat d’un triple dysfonctionnement en fait, dysfonctionnement du système de distribution qui ne respecte pas le producteur, problème pour les consommateurs qui ont de la nourriture qui n’est pas de qualité et non-respect de l’environnement. Et pour moi l’Amap ça cochait un petit peu toutes les cases, il y a un respect envers le producteur, il y a un engagement mutuel on en a parlé, c’est bio, c’est local, il n’y a pas d’emballage, y a pas de fruits et légumes calibrés ce qui fait qu’il n’y a pas de gaspillage. Pour moi l’Amap, c’est un espace démocratique. On a parlé tout à l’heure aussi de l’aspect communauté, je rejoins Alexis.

M – Il y a une vie associative, il faut s’organiser ?

E – Oui, c’est nous qui faisons la distribution, donc il faut s’organiser, il faut être volontaire.

M – Il n’y a pas que des légumes, il y a un partenariat principal avec le maraîcher, mais souvent il y a d’autres contrats avec d’autres producteurs ?

A- On a un contrat effectivement avec une boulangère dans les Yvelines, qui fait du pain bio, on a un certain nombre de commandes un peu ponctuelles, on ne peut pas faire de la vente directe, mais du coup, on passe des contrats un peu ponctuels, sur du miel, de l’agneau, des asperges, du sel, sur des productions des fois qu’on ne peut pas faire au plus local, par exemple de café…

C – On a aussi des produits finis ? Par exemple, si je veux acheter mes crêpes et mes galettes à l’Amap est-ce que je peux ?

A – On n’a pas de produits transformés.

E – Mais on pourrait dans l’absolu.

M – Il y a du café torréfié…

INTERMEDE

[…]

Qui sont les amapiens ?

M – Les Amaps, on a vu que ça apportait plein de satisfactions, il y a quand même une épineuse question, c’est la sociologie des amapiens : Qui sont-ils ?

C – On l’a vu de ce que vous nous disiez, l’amapien s’engage à payer un prix au départ, potentiellement avec des aléas climatiques, l’agriculteur produira moins, ou des choses différentes, il s’engage aussi à aller sur l’exploitation de temps en temps une fois par an en moyenne, il s’engage à être présent une fois par semaine, tous les mercredis dans le cas de l’Amap des Trognons, à venir chercher son panier ou s’organiser avec des amis à venir chercher son panier une fois par semaine ou pour que quelqu’un aille lui chercher son panier et le lui ramène, il s’engage également à participer à la  distribution 3 ou 4 fois dans l’année, donc on voit que c’est une certaine quantité de tâches et une volonté de découvrir l’exploitation en même temps qui n’est probablement pas répandu chez l’ensemble de la population, donc on peut penser que des gens des classes populaire on moins de temps ou de vision sur le long terme pour effectivement s’organiser comme ça de manière régulière ? Peut-être également des jeunes qui sont moins sédentaires, ils vont pas savoir de quoi demain est fait donc “est-ce que je peux m’engager dans une Amap sur un an?”, c’est peut-être compliqué, la question qui en découle : Qui sont les amapiens? Est-ce qu’on retrouve exclusivement des cadres supérieurs ou des jeunes un peu branchés qui ont envie de faire quelquechose pour l’environnement, en mode consommacteurs ou est-ce que non, on réussit à toucher des populations différentes, et tout le monde s’implique de manière similaire ?

M – La question laisse pantois…

R : J’adore cette question, elle est très intéressante déjà, la première chose, c’est de dire qu’autour de cette table en tant qu’amapien parisien on n’est absolument pas représentatif, de la diversité qu’il peut y avoir au niveau des Amaps en région Ile-de-France et même plus globalement au niveau de la France. Tout simplement, l’Amap des trognons va être le reflet du niveau de vie, du type de population qu’on peut avoir dans le quartier, on peut faire la même réflexion au niveau parisien.
C’est une question importante parce derrière aussi ça veut dire que les Amaps au niveau local doivent faire en sorte de permettre l’accès à d’autres types de personnes, soit des paniers solidaires, donc de temps en temps on donne l’excédent à un foyer social, structurellement aussi dans le contrat, on a un prix de panier pour la personnes lambda, nous c’est 9,5€ et on a un tarif panier “solidaire”, donc la personne va pouvoir s’engager sur un an à un prix moindre, en fonction de ses revenus aussi, donc ça ce sont des petites initiatives.
Ensuite il y a une autre réalité c’est que les Amaps, c’est une Association, c’est un service aussi derrière, effectivement il y a un certaine nombre de personnes qui ne vont pas y avoir accès, comme beaucoup de personnes n’ont pas accès à d’autres services de la société culturelle, alimentaire ou autre, parce qu’il faut avoir la connaissance, l’éducation sur l’aspect alimentaire, idéalement avoir un compte bancaire, ça parait rien, mais ça n’est pas le cas de tout le monde, pour faire un chèque pour payer sa production, avoir un mode de vie plutôt sédentaire, ce n’est pas le cas de tout le monde, il y a aussi un reflet  de la société, au niveau parisien, au niveau Île-de-France et au niveau Français de – Il y a certaines personnes qui sont malheureusement un peu laissées sur le côté, et c’est bien dommage – et je pense que c’est aussi la responsabilité des Amaps d’avoir ça en tête, on met en place des petits moyens d’action pour que ça soit ouvert autant que possible à tout le monde et que ça reflète la diversité de la société française

M – On avait invité Stéphane ce matin qui est un des amapiens des « Trognons » mais qui est aussi sociologue et qui étudie la sociologie autour de la consommation responsable etc… Il n’a pas pu venir mais il nous a quand même donné quelques éléments : il nous dit que les classes populaires sont un petit peu exclues de fait non seulement des Amaps, mais plus globalement en fait de tout ce qui est consommation responsable, de toutes ces préoccupations-là, et que ça s’explique de différentes manières, alors encore plus à Paris car il y a une sociologie parisienne comme vous l’avez expliqué, mais il y a aussi ces notions de s’engager sur un an, etc, voir loin… cette notion de stabilité qui est un peu l’apanage de classes favorisées, selon lui, dans les Amaps parisiennes, la population est quand même à “80% des gens qui ont un bagage culturel élevé”, économique aussi mais surtout culturel, pour être sensibilisé à toutes ces questions-là, à 80% un niveau d’éducation plutôt bac +4 – bac+5.

C – Pour autant, il y a quelque chose qu’il nous dit également c’est que les démarches de consommation responsables elles sont souvent discréditées sur des principes de non cohérence, par exemple “je mange du bio”, oui certes, mais tes produits bio viennent d’Uruguay, et d’Asie, est-ce qu’ils sont
– 1 : vraiment bio ?
– 2 : ils viennent de loin donc tu pollues énormément.
Sur le côté Amap c’est plus compliqué de tenir ce discours là parce qu’il y a cette nécessité du local du principe même de l’Amap, il y a ce côté qualité avec le bio et le côté démocratique, je participe aux décisions de mon organisation. Je trouve intéressant qu’il soit difficile de discréditer la démarche par un principe de non cohérence. C’est ce qu’Elodie suggérait au niveau du principe de démocratie interne.

M – Elodie, par rapport à cette question, l’Amap des Trognons de la Nation, concrètement, vous vous sentez entre bobo ou c’est différent de ce que Stéphane nous décrit ?

E – C’est surtout un public (je n’ai pas fait de statistique) mais de ce que je vois, c’est un public assez jeune, assez actif, et bon c’est vrai que parmi, les enfants d’amapiens, il y a beaucoup de Lucien et de Jacques et de retours d’anciens prénoms, une coloration sociologique je pense, il y a pas que ces personnes-là, mais je pense que chez nous ça reste assez majoritaire.

M – Est-ce que c’est dû vous pensez à Paris, ou vraiment aux Amaps en elles-mêmes ?

A  : On est sur une approche locale donc on est forcément représentatif du tissu social local, on va se risquer à un peu de sociologie de comptoir, on a fait les inscriptions donc voit tous les visages de l’Amap qui adhère, effectivement on est sur un public plutôt jeune actif, même s’il il y a encore une base un peu militante qui vient de la création de l’Amap en fait, sur un public un peu plus âgé et qui a une culture militante plus large en fait qui peut être engagée par ailleurs, et puis beaucoup de jeunes actifs, les nouveaux entrants, c’est plutôt ce profil, mais effectivement, c’est assez relatif à notre quartier. Mais je disais tout à l’heure en off, ma mère est dans une Amap également à Mantes-la-Joli dans les Yvelines, de ce que j’ai pu en voir et de ce qu’elle a pu m’en raconter, on est justement beaucoup plus sur un tissu un peu militant, plus âgé, et qui n’a pas les mêmes motivations, d’après ce que j’ai pu en voir ou ce qu’elle a pu me dire, ce sont surtout des motivations qui sont liées à la santé, et à l’envie de bien manger, que des enjeux environnementaux un peu plus globaux, que j’ai senti moins prégnants, dans d’autres Amaps ont peut avoir des compositions un peu plus différentes…

C – Donc l’Amap participant à un changement plus global du point de vue du militant qui adhère c’est quelque chose qui existe, donc le militant qui participe à d’autres cause va également participer à l’Amap et peut être même au sein de l’Amap va diffuser ses idées, va parler aux gens puisqu’il y a l’aspect local qui est là, et comme ça on peut espérer qu’un modèle s’étende ou finalement, cela va rester local et point bar?

A – D’ailleurs on se rend compte qu’en discutant Amap, en détricotant un peu on va parler de sa consommation en général – de ses habits… de ses voyages -on élargit assez facilement le propos.
Pour certains ça peut être une entrée pour élargir après, pour d’autre l’Amap c’est déjà l’élargissement et le début était ailleurs .

Quel impact ont les Amaps sur la société ?

M – Ce que nous dit Stéphane pour tempérer le fait que ce soit un peu un entre soi, c’est que néanmoins d’après les étude qu’il a faites, l’Amap est un outil assez efficace pour amener des personnes vers des nouvelles pratiques de consommation,  des pratiques alternatives, du fait de la cohérence dont tu parlais Clément, donc ça peut amener des gens vers le bio, vers des modes de consommation plus responsable d’une part, et d’autre part, il décrit l’Amap comme le début d’un cercle vertueux puisque les gens qui s’y mettent élargissent leur consommation responsable à d’autres champs, c’est quand même pas mal.

C – Pour finir sur l’importance que les Amaps peuvent avoir, donc on le voit ça passe par les personnes, qui vont diffuser leurs idées et elles-mêmes qui vont être en contact de nouvelles idées, petit à petit on a comme ça l’extension d’un modèle de consommation, d’un modèle social avec la vie locale qui va se développer à partir du local mais on peut espérer que ça s’agrandisse, au niveau producteur Raphaël vous l’évoquiez, le producteur qui se tourne vers l’Amap ou l’Amap qui se tourne vers le producteur permet à l’exploitant de bénéficier de financement dès le début de l’année mais peut également permettre, faciliter le passage d’une agriculture conventionnelle à une agriculture biologique, peut-être qu’on peut terminer sur ce point-là ?

R – On a beaucoup parlé de chiffres et de partenariats établis, côté producteurs et côté consommateur citoyen/citoyennes, ce qu’il est important de savoir aussi, c’est quoi l’avenir de ce mouvement des Amaps ? C’est de ce dire qu’en fait, il y a le réseau des Amaps Île-de-France et au niveau National, mais à côté de ça on est aussi au sein d’un pôle qui s’appelle le pôle Abiosol où en fait là où le réseau Amap va plutôt adresser les partenariats en cours de création et accompagner durant la vie, on va aussi avoir Terre-de-Lien qui est une structure associative qui est plutôt sur la recherche du foncier, donc en fait le terrain qui est la base du travail du producteur, la question du foncier, du terrain en Ile-de-France où c’est très urbanisé et c’est assez difficile de trouver un terrain, et puis il y a également la question de demain “Alexis décide de changer de vie et décide de s’installer en maraîchage”, il a aucune famille, aucun historique là-dessus et aucune connaissance, donc on va avoir une Association qui s’appelle le Champ des Possibles qui est une couveuse d’activité et donc qui va permettre à Alexis d’aller au sein de la ferme de ce paysan, d’apprendre le métier, de se former et de se lancer, et progressivement de devenir autonome, et dernière structure au sein du pôle Abiosol c’est le GAB : Groupement d’Agriculture Bio au niveau Ile de France, là c’est plus un syndicat professionnel classique, mais axé sur  l’agriculture bio. Ce sont des structures assez complémentaires, qui vont permettre d’accompagner sur chaque moment de la vie un projet agricole le producteur et le consommateur.

M – Oui puisque le foncier, on en a pas beaucoup parlé mais c’est le nerf de la guerre, le fait qu’on puisse avoir des terres pour faire du bio, vu la pression qu’il y a pour… et proche des lieux de consommation, pour finir, l’Amap des Trognons de la Nation, je crois savoir que justement l’agriculteur s’arrête… donc il y a la question de que va devenir l’exploitation? Donc là, l’association Terre-de-Lien dont parle Raphaël joue pleinement son rôle !

A – Effectivement, on a vu la pleine action et le rôle  que peut avoir Amap Ile-de-France et Terre-de-Lien, on a effectivement notre agriculteur qui va cesser son activité pour des raisons de santé.
Donc se pose la question de la transition, du passage à un nouvel agriculteur, et là-dessus, on a l’Amap Île-de-France qui nous accompagne avec les 9 Amaps que distribue notre agriculteur. En fait, nous accompagne : nous et le futur agriculteur pour que la transition soit sans trou on va dire, et Terre-de-Lien travaille au montage  économique du rachat du foncier mais aussi du mobilier agricole, pour  que la personne qui s’installe, on est sur des investissements assez conséquents que notre agriculteur avait fait donc puisse s’installer et ne s’endette pas sur une durée trop inacceptable pour lui et donc on est dans cette phase de transition et on voit que les différents groupements que Raphaël a décrit entrent tous en œuvre pour que 9 Amaps puissent subsister, et continuent leur action.

M – Merci à vous tous d’avoir témoigné : merci Elodie, merci Laure, merci Alexis donc de l’Amap des Trognons de la Nation, merci Raphael pour toutes ces précisions. Merci Clément. Et Gilles à la réalisation.

[…]

Le texte qui précède a été adapté aux besoins de la lecture, quelques répétitions verbales ont été supprimées (non signalées), quelques phrases ont été tronquées (signalées par des […]), le reste du texte est publié dans son intégralité. Les titres de sections ont été ajouté pour rythmer la lecture.

Anne FARNIER

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